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Il y a deux ans se produisait la catastrophe ferroviaire de Brétigny, la ville où nous habitons.

Thomas n'avait même pas deux mois, il était tout petit. Il faisait chaud, le soleil brillait. Deux ans plus tard, j'ai toujours la chair de poule au souvenir de cet après midi.
J'étais dehors avec Thomas dans le transat. D'habitude au calme dans le jardin, j'avais été étonnée d'entendre une sirène de pompier puis encore une autre et toujours plus de sirènes qui ne s'arrêtent plus. Peu après, ce fut un hélicoptère, puis deux qui tournaient au-dessus de nos têtes. J'ai eu l'idée de rentrer et d'allumer la télé pour regarder une chaine d'info en continu. Sur le bandeau du bas, il notait qu'un déraillement d'un train Corail avait eu lieu sur la ligne C du RER, sans en dire plus car cela venait de se produire. Heureusement, j'avais reçu un message de mon mari quelques minutes plus tôt qui me disait qu'il était toujours à Paris. Je savais qu'il n'avait rien.
Pour lui faciliter le retour, j'ai appelé le service transilien pour en savoir davantage sur le trajet à emprunter. La personne que j'ai eu en ligne ce jour-là, n'était pas plus au courant que moi quasiment mais j'ai rapidement compris que la ligne n'allait pas être rétablie tout de suite...
Tout de suite après, j'ai essayé de joindre mon mari mais impossible de le joindre, je tombais directement sur sa messagerie. Bien plus tard, après m'être acharnée et inquiétée, j'ai su qu'il était coincé sous terre comme des milliers d'autres personnes, sans réseau et surtout sans savoir ce qu'il se passait ... Ce jour-là, la communication a vraiment été très mauvaise. La SNCF n'a dit que très tardivement que le trafic ne reprendrait pas de la soirée, voire pas des deux semaines qui ont suivi.

Quelques photos prises quelques minutes avant le drame ...

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IMG_1019Ce soir-là, j'ai pris mon bébé sous le bras (avec un biberon au cas où ...) et nous sommes allés chercher en voiture mon mari dans une autre gare, sur une autre ligne de RER, à Evry.

Dès le premier arrêt de bus, voyant la foule entassée, j'ai proposé de faire le taxi en annonçant que j'allais à une autre gare de RER.
J'ai pris en stop une femme suisse avec sa valise. Elle était dans le premier RER  qui était arrivé en gare après la catastrophe. Elle était bouleversée. Elle a assisté à des scènes horribles de gens blessés, à des scènes de guerre ... dans ma ville.
Le trajet lui a permis de parler de tout ça, tout en s'inquiétant de son train à prendre sur Paris.
Faire ce geste m'a permis d'aider à ma mesure à remettre de l'ordre dans ce chaos.

Ce soir-là, j'ai été heureuse de retrouver mon mari, heureuse qu'il ne soit pas parti plus tôt du boulot, heureuse qu'il ne se soit pas trouvé sur le quai au mauvais moment ...

Deux ans plus tard, je suis toujours inquiète quand j'entends les sirènes résonner.

Deux ans plus tard, je n'oublie pas. Je n'oublie pas les victimes (amis d'amis...), ni leur famille. Et revenir sur le quai de Brétigny me serre toujours autant le coeur ...

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